Manifestation contre l'exercice militaire conjoint entre la Corée du Sud et les États-Unis, baptisé "Ulchi Freedom Shield" (UFS), devant l'ambassade des États-Unis à Séoul, le 17 août 2026 en Corée du Sud ( AFP / Jung Yeon-je )
Donald Trump a annoncé "réduire considérablement" la participation des Etats-Unis aux manoeuvres militaires annuelles avec la Corée du Sud avant leur coup d'envoi lundi, invoquant en particulier sa "très bonne relation" avec Kim Jong Un.
Le président américain, qui reproche à Séoul de ne pas l'avoir aidé contre l'Iran, s'est vanté lundi de rendre la région "plus sûre" grâce à cette décision.
Il a aussi sous-entendu que de récents échanges avaient eu lieu avec le dirigeant nord coréen.
Les autorités sud-coréennes ont de leur côté précisé que ces exercices avaient commencé "comme prévu", Séoul disant espérer que l'entente personnelle entre le président américain et Kim Jong Un conduirait à "un dialogue constructif" propice à des négociations.
L'annonce de Donald Trump intervient dans le contexte de l'engagement depuis bientôt six mois des Etats-Unis dans un conflit coûteux au Moyen-Orient, qui les a conduits à redistribuer leurs moyens militaires dans le monde et à puiser dans leurs réserves de munitions.
Ukraine
L'édition 2026 de ces exercices avec la Corée du Sud, programmée pour durer 11 jours, doit notamment prendre en compte l'expérience acquise par les forces nord-coréennes aux côtés des Russes sur le front ukrainien.
L'annonce de Donald Trump, dimanche, sur sa plateforme Truth Social, rejoint la longue liste des camouflets infligés à des alliés historiques depuis son retour à la Maison Blanche en 2025.
Quant à sa relation avec Kim Jong Un, elle avait déjà été un fil rouge de son premier mandat, en dépit des avertissements du renseignement américain qui considèrent la Corée du Nord comme une menace majeure pour la sécurité des Etats-Unis.
Jack Reed, le principal membre démocrate de la commission des forces armées au Sénat, a qualifié la décision du président républicain de "stupide et incohérente".
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump pendant une rencontre dans la zone démilitarisée séparant la Corée du nord et la Corée du sud, le 30 juin 2019 ( AFP / Brendan Smialowski )
Un sénateur du parti républicain, Thom Tillis, s'est joint aux protestations, soulignant que la Corée du Sud était "depuis plus de 70 ans un allié militaire solide".
"Je rends (la situation) plus sûre", a dit Donald Trump, interrogé dans le Bureau ovale quelques heures après l'annonce de sa décision concernant les exercices militaires.
"Kim Jong Un m'a toujours traité avec un grand respect", a-t-il poursuivi, ajoutant : "Je le comprends. Il me comprend."
Un journaliste a demandé au président américain si le dirigeant nord-coréen avait répondu favorablement à sa décision concernant la Corée du Sud.
"Oui, il l'a fait", a dit Donald Trump, parlant d'une évolution "très positive" mais sans dire clairement si les deux hommes avaient eu une conversation.
Dans un message sur Truth Social, il explique avoir ordonné au secrétaire à la Défense Pete Hegseth de "réduire considérablement" les exercices américano-sud-coréens car il était trop tard pour les annuler. Il a jugé qu'ils étaient "coûteux" et qu'ils adressaient "un signal totalement inapproprié et hostile" à la Corée du Nord.
Près de 50.000 soldats
Baptisées "Ulchi Freedom Shield", ces manoeuvres annuelles doivent en principe mobiliser 18.000 militaires sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28.500 hommes présent en Corée du Sud.
Rendez-vous estival régulier pour les deux armées, ces exercices sont conçus pour renforcer la défense contre la Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire et qui multiplie les essais de missiles.
Le président américain Donald Trump fait un signe de la main après être descendu de Marine One sur l'Ellipse, près de la Maison Blanche, le 16 août 2026 à Washington ( AFP / Mandel NGAN )
Ces manoeuvres devaient être placées cette année sous le signe de l'aguerrissement dont les soldats envoyés par Pyongyang ont bénéficié sur le front ukrainien, dans le cadre d'un rapprochement stratégique avec Moscou.
Le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment accusé Pyongyang de se préparer à dépêcher entre 30.000 et 50.000 militaires supplémentaires pour appuyer l'armée russe, sans fournir l'origine de ces chiffres ni dire précisément quand cela pourrait se passer.
Dimanche, les médias d'Etat nord-coréens ont souligné que Kim Jong Un s'était dit "fier" de sa relation avec la Russie, dans une lettre au président Vladimir Poutine.
Manifestation contre l'exercice militaire conjoint entre la Corée du Sud et les États-Unis, baptisé "Ulchi Freedom Shield" (UFS), devant l'ambassade des États-Unis à Séoul, le 17 août 2026 en Corée du Sud ( AFP / Jung Yeon-je )
Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, le chef de l'Etat sud-coréen Lee Jae Myung a pris le contrepied de son prédécesseur, connu pour sa fermeté, depuis qu'il est entré dans ses fonctions en juin 2025, proposant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables.
Mais les autorités de Corée du Nord n'ont pour l'instant pas donné suite.

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